Tel : 04.76.55.17.73


La maison de Mariette
Rue du Souvenir Français
38380 Saint-Laurent-du-Pont
(Isère)
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Photos du musée Jocelyne Artigue



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La maison de Mariette
 
 
 

107, rue du Souvenir Français

  38380 Saint-Laurent-du-Pont

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 08:40

 

 

 

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Mariette annonce qu’elle expose sept cents (700) poupées. Chiffre rond comme ventre de femme enceinte. Et avertit qu’une fois la sept-centième confectionnée, elle s’arrêtera, qu’elle passera à autre chose. Faux. Elle continue. Elle façonne déjà d’autres poupées emmaillotées. N’y voir aucune obsession de sa part. Il s’agit du long fleuve intranquille d’un discours entamé au sortir de l’enfance, et aucune borne arbitraire ne saurait en interrompre le cours, ni le contraindre, encore moins l’endiguer… L’usage de ces verbes autoritaires, auxquels peuvent s’ajouter « limiter », « restreindre », « étouffer », « bâillonner », n’a rien de fortuit ; ils représentent les cibles favorites de Mariette, ses adversaires déclarés. Cette exposition, et, en fait, l’ensemble de sa démarche, constitue une harangue contre les formes passées et présentes de l’empêchement, de l’écrasement, de la soumission, dont les femmes, ancêtres anonymes sacrifiées et contemporaines menacées, furent les victimes au cours des siècles et des siècles. Et la messe est loin d’être dite. Comprenez : il n’y aura aucun Amen à l’évangile selon Mariette tant qu’un accord n’aura pas été conclu entre hommes et femmes pour qu’advienne enfin la douceur de la Civilisation. Mais cette mélodie, l’a-t-on seulement entendue une fois au cours de l’histoire humaine ? L’écoutera-t-on un jour ? L’affaire est à suivre. 

Reprenons.

Les sept cents poupées de Mariette parlent haut et fort, ont la langue bien pendue, car, justement, elles ont la bouche cousue. Elles manifestent et contestent, d’autant plus qu’elles ont pieds et bras liés. Elles ruent dans les brancards, toutes ficelées qu’elles sont. Elles hurlent à la vie alors qu’elles sont fagotées comme des momies. On peut les traiter de provocantes, d’exhibitionnistes, d’indécentes, ainsi parées de symboles sacrés fichés dans leurs aubes ou décorées de petits crucifix émergeant de leurs robes virginales, alors qu’il faut les voir suffocantes, engoncées dans des tissus d’interdits… Il est indéniable qu’elles souffrent, qu’elles portent sur elles la misère du monde. Toute la misère, non. Cette représentation de la douleur programmée ne concerne que la moitié de la Création : la sphère féminine. On précisera que cette critique du désordre des sociétés patriarcales méritait bien qu’une femme comme Mariette y consacrât sa vie d’artiste. On peut parler d’un défi herculéen, ou mieux pénélopien. 

Elle l’a relevé. Joyeusement et amoureusement.

Mariette va bien. Qu’on se rassure. Elle n’est pas submergée par le flot des perturbations qu’elle recense. Elle n’est pas en mal d’enfantement comme une définition préalable et imprécise de son œuvre a pu le laisser supposer. Qu’on n’aille pas croire non plus qu’elle crée, motivée par une haine revancharde, ou qu’elle tient une chronique maniaque d’agressions qui auraient marqué au fer rouge sa peau et son for intérieur. Ses poupées ne témoignent d’aucune mésaventure personnelle.

Non. 

C’est plus simple et généreux. 

Mariette, depuis les premières lucidités de l’adolescence, a pris la mesure de cette malédiction protéiforme qu’on désigne par « violences faites aux femmes », sans que la société s’en indigne vraiment, au point de vouloir terrasser le dragon. Elle appartient à une fratrie (sororité) de cinq filles : le lieu idéal pour découvrir les mystères du corps féminin et, par la même occasion, pour repérer au plus vite les vols d’aigles prédateurs tournoyant au-dessus des appâts de la sensualité. Mariette a été mise en garde, instruite des risques, sensibiliser aux peurs ; elle a reçu l’héritage honteux de la subordination de la femelle au mâle, transmis sous les jupes en dentelles des aïeules. Il y a des phrases déformatrices dont on a peine à se remettre, des rabâchages comme : Se taire, se taire, toujours se taire… Il est si dur de se faire entendre quand on est femme… Il n’y a pas de juste milieu : soit nonne, soit pute… Si un fils court les filles, c’est un Dom Juan. Une fille attirée par les garçons a forcément le diable au corps… et cetera, ad nauseam.

Premier stade de l’apprentissage. Disons, le cycle du Primaire.

Mariette peignait depuis le temps de ses neuf ans des grandes toiles de Vierge à l’enfant, des maternités heureuses aux couleurs riantes. À défaut de télé absente du foyer, elle allait au catéchisme pour le plaisir de dessiner des décors aux histoires fantastiques de la Bible. Son père, peintre, graveur, éditeur, responsable de sa vocation, expert en délires poétiques, l’emmenait partout « en chine », sur le continent des brocanteurs, dans les friches de cimetières, à la recherche d’objets insolites. Très tôt, elle réclama à son créateur et collectionneur de père des statues de Marie en plâtre polychrome, des roses mortuaires vernissées, en vue d’élaborer ses propres cabinets de curiosités. Il les lui achetait. Elle aimait fréquenter les églises pour y détailler les tenues des anges, les auras des saintes, et féliciter l’ensemble du personnel mythologique pour leur participation fantastique à la vie.

Cependant, l’innocence ne résiste pas aux affres de la puberté, noyée dans l’idée de péché et de culpabilité. Fini l’onirisme de l’enfance. On ne dira jamais assez combien les filles sont conditionnées par ces avertissements qui vrillent les tympans : avortement, fausse couche, agression sexuelle, viol, lâcheté des hommes, fuite sans vergogne des géniteurs. Tout ce ressac de mots obsédants que ramènent faits divers, rumeurs, clabaudages, articles, cris et chuchotements. 

Mariette grandit dans cette terreur-là. 

L’homme n’est pas un loup pour l’homme, mais il l’est bien pour la femme.

Finies les toiles sereines de Marie maternant l’enfant Jésus. 

Ainsi naquirent les poupées, une à une, petit à petit, de plus en plus, jusqu’à l’envahissement, pour en arriver à cette exposition où elles sont légions, accrochées aux murs, en pyramide, sous perfusion, sous cloche, leurs têtes sans traits ou leurs visages grimaçants braqués sur le spectateur, lançant des SOS, des appels à une prise de conscience sur la condition pessimiste des femmes qui n’a jamais rendu optimiste celle des hommes.

Pour engager le combat, croiser le fer, Mariette se fait chirurgien, revendiquant un métier qu’il faut arracher aux hommes, réticents à lâcher le glorieux scalpel (sauf dans les mains d’assistantes ou d’infirmières). Le bloc opératoire de Mariette se confond avec son atelier. Déjà, elle concurrence le démiurge (grande figure de la pensée phallocrate), façonne ses créatures, la plupart dans du textile blanc, en cohérence avec les langes, les bandages, et surtout les trousseaux de grand-mères (penser aux camisoles de nuit fendues à l’endroit du sexe pour que triomphe le devoir de procréation aux dépens du droit à la jouissance). C’est alors seulement, quand la poupée apparaît complète, que Mariette opère, ouvre, fend, découpe, pratique des césariennes, fouille la matrice, met en évidence les atteintes à l’intégrité du corps de la femme, victime d’un ordre moral établi dans son dos, les jambes écartées. Ensuite, elle recoud patiemment les déchirures, suture, non sans avoir rempli les orifices de viscères hautement symboliques. Sortent des ventres (la béance privilégiée), de petites têtes aux yeux à nouveau bandés, des pieds et des mains agités (qui font des pieds et des mains pour se faire remarquer), des foules de visages microscopiques, des bébés bons pour le service des tranchées, l’œil globuleux de la conscience et du remord, une humanité génétiquement stigmatisée par la violence, des mater dolorosa, et des Christ, beaucoup de Christ à leur tour bâillonnés. Comme si le ventre de la femme était devenu un Golgotha, mont du perpétuel sacrifice. 

Mariette se défend de blasphémer, de malmener les signes du sacré. Elle opère un mythe vieux de deux mille ans, devenu, à force d’injustices, inopérant. Elle espère réparer un corps social en dispute avec lui-même depuis que l’hémisphère mâle de son cerveau a pris le contrôle de son hémisphère femme. Il n’en fut pas toujours ainsi. Se souvenir que l’humanité naissante reconnut l’essence divine en glorifiant d’abord la femme, façonnant des déesses de fécondité à son image, fessues et ventrues. Ceci, bien avant que les ombrageux dieux chtoniens et leurs fracassants cousins ouraniens ne viennent semer l’orage de la discorde dont aucun bulletin météo ne nous annonce le terme, surtout après un long épisode de perturbations monothéistes, davantage marqué par les feux de la colère et de la guerre que par la rosée d’amour.

Alors, sans s’écarter de la sphère du religieux, on pourrait conclure que l’ensemble des sept cents poupées de Mariette renvoie aussi une vision parodique du bazar pagano-marchand de Lourdes (une des sources d’indignation de l’artiste) ou rappelle les murs excessifs, couverts d’ex-voto, des cultes populaires brésiliens. Donc, parions qu’à force d’exposer les blessures et agressions faites aux corps des femmes, Mariette parvienne à obtenir réparation et guérison de la grande âme humaine. Mais, auprès de quelle divinité cachée dépose-t-elle sa requête ? Ce secret lui appartient. Mariette, artiste, comme tout être profondément inspiré, jouit de pouvoirs médiumniques. Cela s’entend.

 

 

 

 

Jean-Yves Loude

13 août 2013

 

 

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Mariette 

 drapée d'innocence 

jeudi 26 septembre au lundi 7 octobre 2013

 vernissage le jeudi 3 octobre  à19 h

galerie l'Oeil écoute

3 quai Romain Roland

69005 Lyon

06.10.39.04.18

 

 

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 17:15

 

 

 

Depuis sept ans, elle fabrique des poupées. Elle en aura bientôt sept cents. Si tout se passe bien, les sept cents seront terminées au printemps prochain.

Elle les montrera toutes, alors, ses poupées qu'elle dit "en mal d'enfantement".

 

 

jlr

 On aimerait bien savoir

ce qu'elles ont dans le ventre, ces satanées poupées.

Des têtes!Elles ont des têtes! des têtes qui se bousculent et qui poussent, pour sortir et voir le jour

"En mal d'enfantement":Mariette parle de procréation, mais c'est de la création(artistique, s'entend)qu'elle nous entretient.

Toutes ces têtes, qu'elle a fabriquées, se haussent du col, fourrent leur nez en l'air, en attente de leur émancipation.

L'engendrement est le propre des femmes;c'est le propre aussi des artistes.Mariette est à la fois artiste et femme: la naissance est son affaire doublement.

Mariette voue son art à quelque déesse mére bien ancienne, trés antique, aussi vieille que l'humanité.

Déesse mer, tout aussi bien; et même dieu Océan. Contre le mur, l'artiste a posé des lés de papier peint bleu pâle, sur lesquels ont pris place des dessins parsemés de petits bouts de miroir; le tout est recouvert par un vaste filet.

De quelle pêche miraculeuse est chargé ce filet? Ramenée du pére Mer vers la Mére terre, la pêche du jour est prise dans les rets:récolte de petits riens et du Grand Tout.

A deux pas une malle séculaire s'ouvre sur d'autres menus délice, coffre aux trésors débordant de babioles, de brimborions, de colifichets et de mirabilia.

des " bricoles", comme on dit familiérement.

Mariette bricole effectivement.elle ne s'encombre pas de concepts:elle est dans le "faire".

Chacun de ses gestes ponctue le temps qui passe, il marque l'heure.

En donnant naissance? en enfantant ses oeuvres, ses têtes, ses poupées, Mariette se met à l'unisson de l'horloge universelle.

Elle fabrique des têtes comme on égrène les minutes les minutes;cette invasion de visages, c'est aussi le temps passé qui se donne à voir, d'un coup.

Car la dévotion, ici, réside moins dans l'objet fabriqué, que dans la fabrication même.

Les minutes fondent-elles comme des sucreries?

Ce sont plutôt des bonbons au poivre?"drageoir aux épices", ainsi que disait HUYSMANS. Il y a de l'amére terre, dans cette déesse mère.


Jean-Louis ROUX

les  affiches de grenoble novembre 2012

 

 

 

 

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 08:51

 

Les poules s'entêtent, donlélé...

 

 

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Le propre du renard, c'est de fouiner.

(Quand à la fouine, n'en parlons pas.)

A force de fourrer son museau partout, le renard trouve parfois à boulotter. Son nouveau garde-manger, il l'a déniché dans un poulailler des hauteurs de Saint-Laurent-du Pont. Plus souvent qu'à son tour, il vient donc rompre le cou des gallinacés de la petite basse-cour que Mariette a installée au bord de sa maison, sur les hauteurs, ect. Si bien que lorsqu'on lui a proposé d'exposer à Virieu-sur Bourbre, ladite Mariette a songé à ses infortunées poulettes sans têtes ... lesquelles ont fait illico le motif d'un papier peint, dont les lés (donlélé?) ornent les murs de cette exposition au coeur des Terres Froides. Il faut croire que les Terres Froides ont l'esprit chaud. Car l'ardeur, ici, ne fait pas défaut, s'agissant de défendre l'art actuel. Pile en face de l'église et de la place au marché, un lieu associatif d'expositions a ouvert à Virieu, depuis deux ans. Et ça marche ! Animé par l'écrivaine publique VICTORIA SAIZ, l'espace Esperluette a drainé, l'an passé, 2250 visiteurs-soit plus de deux fois le nombre d'habitants de cette commune rurale. Et pour ce qui est de la nouvelle exposition d'Esperluette, elle est consacrée, on l'aura compris, aux rêves parés (et réparés...) de Mariette. Des poignets de corsages en tissu blanc sont cousus sur des banniéres en toile, piquées de têtes de vierges à la chevelure de crin noir. Non loin, un petit ange à la tête grimaçante et aux ailes dorées s'extirpe d'un nid, orné de perles de pacotille et de branchettes bourgeonnantes. Sur un mannequin de couturière, une robe en dentelle noire, rehaussée de fleurettes et de visages en céramique, semble tenir en laisse un chien à la la peluche pelée-yeux emperlés, gueule encoquillée et crinière tresse... Loin d'elle le désir de choquer: Mariette tire l'aiguille et faufille sa mythologie familiale, imagerie aussi pieuse que domestique, dédiée à l'amour, la mort et l'enfantement. Magie blanche, poupées noires et coeurs rouges transpercés: les doigts de Mariette accompagnent fidélement l'écoulement des jours, ils cousent un hymne à la vie, un acte permanent de dévotion palpitante. Pendant ce temps le papier peint caquette, dont les lés racontent que les poules sans têtes s'entêtent.

 

 

 

Jean-Louis ROUX

les affiches de grenoble et du dauphiné

vendredi 1 juin2012

 

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  p

je serais présente le samedi 2 juin,dimanche 3 juin,

 dimanche 17 juin.

 

espace Esperluette

112 rue Carnot

virieu

09.71.28.09.57

 

Du mercredi au samedi 14h-19h

vendredi 9h-12 14h-19h 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 05:57

 

 

 

ma mere


Ma mère ...



 


Mariette, le chamanisme au féminin

 

Présentée par Les Amis du Facteur, l’artiste Mariette expose

à l’espace Ducros De Grignan et on ne peut y rester indifférent !

Mariette est une artiste d’art singulier, pour ne pas dire d’art brut.

Elle crée depuis toujours.

Elle a des enfants, une grande famille.

Son habitation est un musée-maison à visiter absolument.

Son univers va du sol au plafond.

Ses créations nous paraissent être une invocation répétitive

devant le fait de mettre au monde un enfant et de devoir mourir :

son monde est un entre-monde proche

des anges et de l’opacité terrienne.

A travers ses objets qui ne sont ni de la sculpture,

ni de la peinture, tient-elle au bout des doigts

un fardeau qui ne veut ou ne peut pas s’alléger ?

Elle s’approche d’un mystère, ressasse. Serait-il un vide ?

Ou cet infini qui a posé ses pieds sur la terre ?

Beaucoup d’éléments formels sont issu  de la religion catholique

qu’elle a fréquentée dans son enfance avec ferveur

mais qu’elle paganise en une sorte de chamanisme personnel.

Il s’agit  d’un féminin sauvage, peu accessible, inacceptable,

mais pour elle très réel.

La vierge, la grande mère universelle,

l’obsession de l’enfantement hantent son mobile

créatif de façon tout à la fois lyrique

et peu apparaître parfois mortifère.

L’artiste semble se tenir dans une réalité joyeuse

et lourde à la frontière de la mère et de la femme.

C’est pourquoi ses œuvres peuvent repousser, voire choquer.

Non rationnelles, elles nous conduisent souvent dans

l’organique, s’y enferme de façon même têtue.

Partout, dans chacun de ses objets,

un chant formel se déploie vers un insondable qu’un ange protège.

En des temps anciens on aurait menacé de sorcellerie

tout ce fatras bien ordonné et soigné que Mariette veut beau.

Des œuvres, ou plutôt des petits autels dressés pour une fée

sans nom, sans doute

maternelle, pour l’ange, peut-être celui de l’esprit d’enfance ?

Ce sont des reliquaires, des ex-voto, des tabernacles,

des rebuts, des jouets, chaque fois composés et bricolés

qui célèbrent donc une beauté sans cesse à dire.

Des objets métamorphosés, qui ont été glanés dans les vide-greniers,les puces.

 

Le tout ficelé, lié, fagocité.

Mariette n’a pas peur puisqu’elle le dit.

On ne peut qu’aimer ou rejeter son travail.

C’est une archaïque contemporaine.

Peut-être qu’elle danse joyeusement et spirituellement avec les loups ?

 

Françoise Vergier

 

 





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la couveuse




 

 

 

 

 

 

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 14:00

 

 

 

 

 

 



 

 

 



Voici deux livres pleins d’images, d’histoires et de figures.


Deux livres que tout oppose ?  Faut voir…



Oui, il faut voir d’abord les Poupées en mal d’enfantement de Mariette. Dans une galerie de portraits, qui tient du livre pieux de jadis et de l’inventaire de momies, l’artiste de saint- Laurent du pont dérange et émeut. Ne serait-ce que par son postulat : »j’ai eu trois enfants que j’aime, et je me suis rendu compte que j’avais été frustrée de ne pas avoir vécu leurs naissances. Il me fallait exprimer cette douleur, ce manque cette frustration ».

Comme un vertigineux prolongement du plus fascinant et du plus énigmatique des processus biologiques, Mariette a ainsi créé sept cents figurines de femmes qui contiennent toute, en elles-mêmes, au-delà es blessures et des déchirures, une promesse de vie. C’est sur le fond ténébreux des pages d’un album pour le moins singulier qu’on découvre la reproduction de ce petit peuple de tissus et de cordelettes, de rubans et de médailles, de statuettes démembrées et de fragments de tableaux anciens. Un peuple qui a manifestement valeur d’exorcisme pour sa conceptrice et qui nous parle d’un autre monde, entre envoûtement et terreur, entre blasphème

Et vénération.

Des poupées ,  il y en a aussi dans Soudards et belles garces .Pas les mêmes , on l’aura compris .Celles-ci sont nées sous le crayon du géant de la bande dessinée transalpine, Sergio Toppi. Mises en espace par le « raconteur d’images »isérois Mosquitos, les créatures du graphiste milanais sont en perpétuel conflit avec ces montres armés-samouraïs, brutes ou chacals-que le dessinateur se plaît à convoquer et repousser. Chaque tableau offre une scène de guerre ou d’épopée, très pertinemment rehaussée par les textes brefs du poète grenoblois Jean-Louis Roux «  l’ horreur est le propre des affreux : l’effroi les laisse froids, l’abomination est leur nation ;leur âme est grimaçante ;alors ils se font le visage qui va avec. Leur figure est un masque, mais sans rien derrière ».

Un univers bien loin de celui de Mariette ? Faut voir, faut voir…Et faut lire aussi.



 

« Poupées en mal d’enfantement »de Mariette, éditions YMNA (6 bis rue de Châteaudun 2800 chartes)

« Soudards et belles garces » de Sergio Toppi, Mosquito éditions (1 ter rue des sablons 38120 Saint-Egrève).





Didier Pobel

 

 

Article paru dans le Dauphiné libéré du lundi 6 avril 2009






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